Cap sur un avenir durable
Amaury Guérin incarne la nouvelle génération de skippers engagés, alliant performances nautiques et sensibilisation écologique. Passionné par la mer depuis son plus jeune âge, ce jeune navigateur de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, est déjà reconnu pour ses talents de marin et son implication dans des projets à impact environnemental. Découvrez ce skipper talentueux dans les pages de Challans Mer et Marais Magazine n°7.

C’est sur les eaux de la côte vendéenne qu’Amaury Guérin a fait ses premiers bords, développant très tôt une affinité particulière avec la navigation. « Je ne suis pas originaire de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. J’ai vécu une partie de mon enfance loin de la mer, mais j’ai toujours été attiré par l’océan et les aventures qu’il peut nous faire vivre », confie le jeune homme. « Quand nous avons emménagé au Fenouiller, à quelques kilomètres seulement de la côte atlantique, autant dire que j’étais le plus heureux. » Après des débuts sur Optimist, il se lance dans les régates dès l’âge de 16 ans, participant à sa première course en solitaire. Son sens marin et sa détermination lui permettent de se faire rapidement un nom dans le milieu.
En 2018, il s’illustre dans plusieurs compétitions emblématiques telles que la Course des Îles, la Course Croisière des Ports Vendéens et le Tour du Finistère. À bord de son First 29 baptisé Pilourson, il perfectionne son art et acquiert une précieuse expérience.

La mer, terrain d’engagement écologique
Mais Amaury ne se contente pas de naviguer. En 2022, il met entre parenthèses les régates pour se consacrer à l’Expédition Plancton de Pilourson et prend la direction du cercle polaire arctique à bord du voilier familial. Ce projet innovant vise à étudier le plancton, essentiel à la vie marine, tout en sensibilisant le grand public à la fragilité des écosystèmes océaniques. Ces mois passés en mer lui offrent une perspective unique sur la beauté et la précarité des mondes invisibles qui peuplent l’océan. « Mon objectif est de partager la diversité du plancton et de la protéger en limitant l’impact des bateaux », confie celui qui milite activement pour un modèle de course au large plus durable. « Nous sommes au début de la prise de conscience, mais il existe des solutions, c’est prometteur. »

À l’assaut de la Boucle Transatlantique
Fort de cette expérience, le jeune skipper s’engage dans un nouveau défi : la Boucle Transatlantique. Ce projet, prévu jusqu’en 2026, vise à promouvoir une course au large circulaire, respectueuse de l’environnement. À bord de son mini 6,50, il prévoit de prendre le départ de la Mini transat, une course entre Les Sables-d’Olonne et la Guadeloupe en septembre 2025, puis de rejoindre New York et enfin revenir en Vendée à l’été 2026, toujours en solitaire, par l’Atlantique nord. « Participer à la Mini transat était un rêve depuis longtemps. Mais j’étais freiné à l’idée de devoir ramener mon voilier par cargo car l’impact carbone est trop important », explique Amaury. Il trouve alors une solution : « rentrer à la voile ! » Mais la route de l’Atlantique nord est soumise aux dépressions, à l’humidité, au froid, repartir dès l’automne 2025 juste après son arrivée est impossible. Le jeune étudiant en double cursus, ingénieur et sciences politiques à Rennes, a donc décidé de rejoindre New York après la course et de suivre des cours à l’étranger au second semestre, « de janvier à juin 2026 dans le cadre d’Erasmus. Je laisserai le bateau sur la côte Est des États-Unis avant de rejoindre Montréal en train pour quelques mois », précise celui qui s’apprête à vivre un vrai défi sportif et écologique. « J’ai hâte d’en découdre », avoue Amaury qui ne cache pas ses ambitions pour cette course en solitaire, sans assistance extérieure.
« Gagner ! Ça peut paraître prétentieux, mais je vais tout donner pour atteindre cet objectif. On a tous le même bateau, au confort très sommaire, il n’y a aucun aménagement dedans. C’est vraiment le skipper qui fait la différence. Il faudra être solide physiquement, mentalement et tactiquement. »
En réalisant cette boucle, le skipper compte bien esquisser un nouveau modèle de course au large, « en réalisant une boucle plus vertueuse en naviguant à la seule force du vent. » C’est aussi une étape dans son rêve ultime de participer au Vendée Globe 2028. « Ce serait un aboutissement, c’est sûr, mais j’ai encore de gros défis à relever pour être au départ », reconnaît-il.

Un solide soutien
À seulement 22 ans, Amaury Guérin jongle brillamment entre ses projets maritimes et ses études, preuve de son engagement à allier connaissances scientifiques et enjeux sociétaux. « En mer, je dois me débrouiller seul. Avoir des connaissances en mécanique, météorologie, physique… est indispensable. Savoir s’exprimer et défendre ses engagements est tout aussi important quand on doit monter et défendre un dossier auprès de sponsors éventuels. » Et des soutiens, financier et logistique, il en a trouvé, notamment auprès du Groupe Satov, entreprise vendéenne de construction. « Nous menons une réflexion commune sur l’environnement, moi pour les bateaux et eux pour des constructions plus écoresponsables. Ce partenariat a tout son sens », affirme le jeune navigateur, qui trace sa route avec un cap bien défini, celui d’un avenir plus durable pour les océans, leurs habitants et les courses au large.

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